mercredi, janvier 05, 2022

Une vie allemande

SEUL-E EN SCÈNE de Christopher Hampton, mise en scène de Thierry Harcourt, avec Judith Magre.

Judith Magre incarne l’ancienne secrétaire personnelle de Joseph Goebbels durant la Seconde Guerre Mondiale, qui a attendu l’âge de 102 ans pour livrer ses souvenirs. C’est le portrait d’une femme touchante et ambigüe qui assure n’avoir jamais rien su de la solution finale.  

Interprétation exceptionnelle de Judith Magre, 95 ans ! Quant au sujet de la pièce, effectivement on peut avoir des doutes certains sur le fait que les allemands disent ne pas avoir eu connaissance du sort des juifs. Beaucoup n'avaient pas envie de savoir, et c'est un peu facile de s'exonérer d'une responsabilité individuelle et collective quant on connait par ailleurs les scores électoraux qui ont permis à Hitler d'accéder au pouvoir. C'est également d'autant plus douteux quand on a été une des secrétaires de Goebbels.

75, boulevard du Montparnasse
75006 PARIS
M° Montparnasse
Tél: 01 45 44 50 21
Web: www.theatredepoche-montparnasse.com

Jusqu'au 28/1: du Mardi au Vendredi à 21h00. Places à 35€. Durée 1h20.  

dimanche, janvier 02, 2022

L'Incroyable histoire de la géographie - 200 ans d'exploiration du monde

De Jean-Robert Pitte, Benoist Simmat et Philippe Bercovici
Editions Les Arênes BD - 22€ - 167 pages



Saviez-vous que Napoléon, lors de la campagne d'Égypte, a embarqué avec lui 167 savants chargés d'étudier le pays ? Que c'est un Français, René Caillié, qui a été le premier Occidental à atteindre la ville de Tombouctou et à en faire la description ? Que le légendaire Brazza, en parcourant 1 500 kilomètres dans l'impénétrable forêt congolaise, a défriché le futur empire colonial français ? Ou que, au XIXe siècle, une femme, Alexandra David-Néel, a réussi à atteindre la cité interdite de Lhassa ?

Si vous pensez que la géographie n'est qu'une matière scolaire ennuyeuse, vous vous trompez. La connaissance de la Terre s'est faite à partir d'histoires rocambolesques, d'aventures incroyables, d'explorations périlleuses... Les aventuriers ont sillonné le monde entier, parfois au péril de leur vie. Passion des princes et des savants, ou des voyageurs qui rêvaient de terres encore inconnues, c'est après la Révolution, avec la fondation de la Société de Géographie en 1821, que cette discipline ambitionne de devenir une science à part entière. Le XIXe siècle voit aussi s'affronter les grandes puissances européennes, autant pour le savoir que pour la conquête coloniale.

L'Incroyable Histoire de la géographie est le récit étonnant des grands événements qui ont construit cette science, alors même que la Société de Géographie célèbre son bicentenaire.

L'histoire de la géographie en BD ; c'est instructif et drôle. 

vendredi, décembre 31, 2021

Musée des arts forains

 53 avenue des Terroirs de France - Paris 12ième

Avec ses ressources de documentation et ses ateliers de restauration, le musée est un lieu de découverte et de préservation. Jean Paul Favand y déploie ses spectacles et ses collections sur une surface de 11 400m2 avec une attention toute particulière aux nouvelles technologies.

Le musée est féérique mais on ne sait pas trop si la visite permet de voir l'ensemble des collections. Mais ce qui est présenté est de très grande qualité et de nombreuses animations, notamment pour les enfants, permettent de faire revivre ces jeux anciens.








 

 

MARIE DES POULES GOUVERNANTE CHEZ GEORGE SAND

COMÉDIE DRAMATIQUE de Gérard Savoisien, mise en scène d'Arnaud Denis, décors de Catherine Bluwal, décor de Catherine Bluwal, avec Béatrice Agenin et Arnaud Denis. 

Lorsque, à onze ans, Marie Caillaud entre à Nohant au service de George Sand, elle ne sait pas encore qu’on l’appellera Marie des Poules, la servante qui va chercher les œufs au poulailler. Elle ne sait pas non plus qu’elle y apprendra à lire, à écrire, à jouer la comédie et à interpréter 35 pièces écrites par George Sand. Elle sait encore moins qu’elle éprouvera les souffrances d’un amour qui va la marquer à vie. Maurice, le fils de George, entretiendra avec elle une liaison qui perdurera pendant plusieurs années. Quelle sera l’attitude de George Sand ? De Maurice ? Les conventions sociales briseront-elles les espérances de Marie? Quel sera le destin de Marie des Poules ? 
 
Du grand théatre. Cette pièce, très balzacienne, nous décrit une société de classes hypocrite et cruelle et on peut s'appeler George Sand et être néanmoins la digne représentante d'une classe fermée et condescendante. La pièce décrit un univers social paternaliste où les maitres ont tous les droits sur leur personnel.
 
L'interprétation des deux comédiens est magistrale ; c'est sans doute l'une des meilleures pièces de cette année 2021.
 
31 rue de la Gaîté
75014 PARIS
M° Gaîté
Tél: 01 43 22 77 74
Web: www.theatremontparnasse.com

Jusqu'au 2/1/2022: du Mardi au Samedi à 19h00, le Dimanche à 17h30. Places de 54 à 18€. Durée 1h15.

jeudi, décembre 30, 2021

Peindre hors du monde, Moines et lettrés des dynasties Ming et Qing

Musée Cernushi
Collection Chih Lo Lo
du 5 novembre 2021 au 6 mars 2022

Cette exposition exceptionnelle présente un ensemble de plus de cent chefs-d’œuvre de la peinture chinoise ancienne. Ces peintures et calligraphies, exposées en Europe pour la première fois, sont nées du pinceau des plus grands maîtres des dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1912).

Avant d’être offertes au musée d’art de Hong Kong en 2018, ces œuvres ont été patiemment rassemblées par le collectionneur Ho Iu-kwong (1907-2006) qui, selon la tradition chinoise, leur a donné le nom de Chih Lo Lou, "le pavillon de la félicité parfaite".

Trois siècles de peinture chinoise

Les œuvres de l’exposition Peindre hors du monde ont été créées à un moment clé de l’histoire de la Chine, entre le milieu du XVe siècle et le début du XVIIIe siècle, une période marquée par une profonde rupture historique qui se traduit par une alternance dynastique. Au cours de ces trois siècles faits de grandeurs et de misères, les aspirations millénaires des sages et des poètes à se retirer du monde pour vivre parmi les forêts et les montagnes prennent un sens nouveau sous le pinceau des peintres.

Qiu Ying (v. 1494 v. 1552) "L'éveil du dragon au printemps"
Encre et couleur sur soie
119,4 cm x 54,5 cm

Jardins, paysages et quête de sagesse

Le genre du paysage exerce un rôle majeur dans l’histoire de la peinture chinoise depuis la dynastie des Song (960-1279). Sous les Ming, paysages et jardins sont investis de nombreuses significations, reflets des pratiques collectives, mais aussi des aspirations les plus personnelles. Ainsi, les jardins du Sud de la Chine évoqués par les célèbres peintres de la dynastie Ming, comme Shen Zhou (1427-1509) ou Wen Zhengming (1470-1559), présentent l’image poétique d’un idéal partagé par de nombreux lettrés de leur temps. Au sein d’une vie principalement dédiée aux devoirs de leurs charges administratives, certains entrevoient dans ces coins de nature, des lieux où la quête de sagesse devient possible grâce à l’étude et la méditation. D’autres décrivent, sous la forme de vastes paysages qui se déploient sur de longs rouleaux, les étapes de voyages accomplis en rêve.

Shen Zhou (1427 - 1509) "Le jeune Qian lisant"
Encre et couleur sur papier
151 cm x 64,8 cm

La montagne, refuge et source d’inspiration

Pour ces lettrés, l'effondrement de la dynastie Ming et la conquête de l’empire par les Mandchous sont des événements profondément traumatisants. La prise de Pékin en 1644 et la fondation d’une nouvelle dynastie sont suivies de quarante ans de résistance armée. Dans ce contexte, nombreux sont ceux qui refusent de servir la nouvelle dynastie Qing et s’isolent dans les montagnes. Renonçant à la carrière de fonctionnaire et masquant leur identité, certains deviennent moines.

Ce sera le destin des peintres Shitao (1642-1707) et Bada Shanren (1626-1705), membres de la famille impériale déchue, qui, en revêtant l’habit monastique, ont fait des temples leur refuge et de la montagne leur source d’inspiration.

La collection Chih Lo Lou au musée d’art de Hong Kong

Le musée d’art de Hong Kong conserve un peu plus de 7000 calligraphies et peintures chinoises. Parmi les plus précieuses d’entre elles, figurent les œuvres de la collection Chih Lo Lou, données par le défunt Ho Iu-kwong, collectionneur et philanthrope. La collection, initiée dans les années 1950, a permis de préserver un patrimoine qui semblait alors promis à la dispersion. Quelques décennies plus tard, ces œuvres ont rejoint les collections publiques du musée d’art de Hong Kong, où elles ont été présentées à l’occasion de sa réouverture après rénovation, en 2019. À la manière des anciens lettrés chinois, Ho Iu-kwong a donné un surnom littéraire à sa collection puisque Chih Lo Lou désigne « le pavillon de la félicité parfaite ». Ce nom évoque à la fois la félicité inséparable de la contemplation des chefs-d’œuvre, mais aussi celle qui naît de l’accomplissement d’une action généreuse.

Photos du musée Cernushi







 

 

 

Les acharnistes

THÉÂTRE CONTEMPORAIN de Jean-François Maurier et Rafael Batonnet, mise en scène de Jean-François Maurier, avec Rafael Batonnet et Michael Périé. 

En partant de l’injonction Beckettienne « Essayer encore. Rater encore, rater mieux », dans laquelle nous avons vu un programme d’action hautement clownesque et burlesque, nous nous sommes lancés dans l’exploration des vastes territoires du ratage plus ou moins programmé. Avec Les Acharnistes, nous suivons le parcours de deux cabossés de la vie, deux désœuvrés actifs et inventifs à leur manière, qui tentent d’organiser leur désordre et de combler leur vide existentiel en mettant à exécution des projets aussi dérisoires qu’inutiles, parfois mêmes risqués.

Spectacle très original mais pas drôle ; certaines scènes sont un peu longues et répétitives.

53, rue Notre-Dame-des-Champs
75006 PARIS
M° Notre-Dame des Champs/Vavin
Tél: 01 45 44 57 34
Web: www.lucernaire.fr

Jusqu'au 2/1/2022: du Mardi au Samedi à 19h00, le Dimanche à 15h30. Places à 28€. Durée 1h10. 

mercredi, décembre 29, 2021

Anni et Josef Albers - L'art et la vie

Le Musée d'Art Moderne de Paris organise, du 10 septembre 2021 au 9 janvier 2022, une exposition inédite consacrée à Anni et Josef Albers, rassemblant plus de trois cent cinquante œuvres (peintures, photographies, meubles, œuvres graphiques et textiles) significatives du développement artistique des deux artistes.

Au-delà de la présentation très complète de leurs créations respectives, il s'agit de la première exposition en France dédiée au couple formé par les deux artistes. C'est en effet ce lien intime et très complice qui leur a permis, tout au long de leur vie, de se soutenir, de se renforcer mutuellement, dans un dialogue permanent et respectueux. Ils ont non seulement produit une œuvre considérée aujourd'hui comme la base du modernisme, mais ont aussi imprégné toute une nouvelle génération d'artistes de leurs valeurs éducatives.

Anni Albers (née Annelise Fleischmann, 1899-1994) et Josef Albers (1888-1976) se rencontrent en 1922 au Bauhaus et se marient trois ans plus tard. Ils partagent d’emblée la conviction que l’art peut profondément transformer notre monde et doit être au cœur de l’existence humaine : « Les œuvres d’art nous apprennent ce qu’est le courage. Nous devons aller là où personne ne s’est aventuré avant nous. » (Anni Albers)

Dès le début de leur travail, les deux artistes placent ainsi la fonction de l’art au cœur de leur réflexion. Ils adhèrent non seulement à la revalorisation de l’artisanat et aux atouts de la production industrielle (Bauhaus) pour rendre possible la démocratisation de l’art, mais ils estiment aussi que la création joue un rôle essentiel dans l’éducation de chaque individu. Ils ne cessent de démontrer, en tant qu’artistes mais aussi enseignants, l’impact incommensurable de l’activité artistique sur la réalisation de soi et, plus largement, sur la relation avec les autres. Forts de ces valeurs, ils cherchent à amener leurs élèves vers une plus grande autonomie de réflexion et à une prise de conscience de la subjectivité de la perception. Selon eux, l’enseignement ne se réduit pas à transmettre un savoir théorique déjà écrit mais consiste au contraire à susciter constamment des interrogations nouvelles : d’abord par l’observation sensible du monde – visuel et tactile –qui nous entoure ; puis par la découverte empirique que comporte l’expérimentation créatrice avec les matériaux à portée de main, sans préjuger de leurs valeurs esthétiques. « Apprenez à voir et à ressentir la vie, cultivez votre imagination, parce qu’il y a encore des merveilles dans le monde, parce que la vie est un mystère et qu’elle le restera. Mais soyons-en conscients. » (Josef Albers)

L’exposition s’ouvre sur deux œuvres emblématiques de chaque artiste, illustrant d’emblée, tel un prologue, les valeurs formelles et spirituelles qui relient le couple. Puis elle suit, de manière chronologique, les différentes étapes de leur vie. Une première section rassemble leurs productions, riches et variées, issues du Bauhaus, de 1920 à 1933. Le départ du couple pour les États Unis en 1933 marque le début de la deuxième section, dédiée aux œuvres réalisées au Black Mountain College. Puis deux autres temps forts de la visite s’attachent à présenter une sélection pointue de Pictorial Weavings de Anni et de Homages to the Square de Josef. Enfin, la dernière partie de l’exposition est consacrée au travail graphique d'Anni, initié avec Josef dans les années soixante et qu’elle va poursuivre jusqu’à la fin de sa vie.

Une salle, spécifiquement dédiée à leurs rôles respectifs en tant que professeurs, permet aux visiteurs, grâce à d’exceptionnels films d’archives, de se glisser dans la peau des étudiants et de suivre un cours « en direct ». Un grand nombre de documents (photographies, lettres, carnets de notes, cartes postales, etc.), réunis avec l’aide de la Fondation Josef et Anni Albers, permet également de contextualiser le travail des deux artistes.

L'exposition est organisée en étroite collaboration avec The Josef and Anni Albers Foundation à Bethany, Connecticut.

Exposition très réussie et particulièrement fournie en œuvres des deux artistes. Les vidéos de Josefs Albers sont intéressantes pour comprendre la démarche de l'artiste qui était également comme sa femme professeur d'art.

Julie Manet, la mémoire impressionniste

Musée Marmottan du 19 octobre 2021 au 20 mars 2022 Le musée Marmottan Monet organise la première exposition jamais consacrée à Julie Manet,...