samedi, novembre 24, 2018

Inflammation du verbe vivre

TEXTES, texte et mise en scène de Wajdi Mouawad, librement inspiré de philoctète de Sophocle, avec Wajdi Mouawad et Dimitris Kranias

Avec Inflammation du verbe vivre, Wajdi Mouawad revient vers l’une des sources vives de son œuvre d’auteur et de metteur en scène, la Grèce antique, dont Sophocle est pour lui la figure essentielle. Après avoir présenté à La Colline l’oratorio poétique Les Larmes d’œdipe, Wajdi Mouawad, en hommage à Robert Davreu, l’ami disparu, part en quête de Philoctète et des héros antiques. Le deuil et l’ébranlement sont ici matière à création, pour faire de situations impossibles un lieu de guérison. Au fil de son voyage, il rencontre les âmes abandonnées, entend les chiens qui hurlent, croise les dieux…pour finalement retrouver le goût de vivre et l’envie de poésie. Réapprendre à parler, à inventer les mots nouveaux pour faire rire et pleurer morts et vivants.  

L'auteur nous raconte sa quête existentielle  au travers de vidéos ; l'interaction entre l'interprétation et l'image se fait par des passages du Wajdi Mouawad au travers de l'écran (constitué astucieusement de bandelettes qu'on peut écarter pour le traverser).

Quant au sujet de la pièce, c'est plus compliqué : certains passages sont visuellement très réussis mais de là à partager la totalité des propos de l'auteur, c'est à voir... notamment les allusions aux conséquences de la crise grecque sur la jeunesse peuvent laisser de marbre quand on connait les causes de cette crise (corruption, incompétence des administrations, refus de payer l'impôt,...).

La pièce malgré sa complexité est incontestablement originale par sa mise en scène.

15, rue Malte-Brun
75020 PARIS
M° Gambetta
Tél: 01 44 62 52 52
Web: www.colline.fr

Jusqu'au 30/11: du Mercredi au Samedi à 20h30, le Mardi à 19h30, le Dimanche à 15h30. Places de 30 à 10€. Durée 2h00. 

vendredi, novembre 16, 2018

Le syndrome du banc de touche

TEXTES de et avec Léa Girardet, mise en scène de Julie Bertin


Il y a 20 ans, Aimé Jacquet gagnait la coupe du monde et Léa rêvait de devenir comédienne. Aujourd’hui, Aimé Jacquet est rentré dans l’histoire et Léa est restée sur la touche à l'image des footballeurs remplaçants. En proie à une crise de légitimité, la jeune femme décide de s’auto-titulariser en suivant les pas du sélectionneur de l’équipe de France.  

Pièce très originale. La comédienne fait le parallèle entre sa carrière et celle d'Aimé Jacquet qui connut le succès assez tard. On passe alternativement de l'histoire de la victoire de bleus en 98 à la carrière de la comédienne qui tarde à décoller. C'est une pièce très agréable à suivre et l’interprète fait preuve d'un dynamisme rafraichissant.

94, rue du Faubourg du Temple - Passage Piver
75011 PARIS
M° Goncourt
Tél: 01 83 64 50 20
Web: www.theatredebelleville.com

Jusqu'au 30/11: du Mercredi au Samedi à 19h15, le Dimanche à 17h00. Places de 26 à 11€. Durée 0h50. 

Joseph Foucher

De Stéfan Zweig

Éditions Livre de poche - 6,70€

Il s'agit d'une biographie romancée de Joseph Fouché, ministre de la police sous Napoléon et Louis XVIII, après avoir été un acteur majeur de la révolution de 1789. Une vie hors du commun pour un homme qui aura servi plusieurs régimes et servi également ses propres intérêts puisqu'il sera l'un des hommes les plus riches de France.

Le principal intérêt de cette biographie, outre les exceptionnelles qualités d'écriture de Zweig, ce sont les réflexions de l'auteur sur le pouvoir, la psychologie de Fouché et les rapports de force entre Fouché et Napoléon.

samedi, novembre 03, 2018

Agatha Christie - Les intégrales T14

Editions Le Masque - prix : entre 75 et 170€ d'occasion

Ce dernier volume regroupe les histoires suivantes :
  • Tant que le jour brillera
  • Le second coup de gong
  • Miss Marple tire sa révérence
  • Black coffee
  • La toile d'araignée
Les deux dernières histoires sont à l'origine des pièces de théatre romancées par d'autres auteurs.
 

jeudi, novembre 01, 2018

Racine par la racine

COMÉDIE DRAMATIQUE de Jean Racine, mise en scène de Serge Bourhis, avec En alternance: Océane Rucinski, Serge Bourhis, Guillaume Dollinger, Héloïse Lacroix, Aude Lanciaux et Vincent Remoissenet. 

Un désopilant voyage à travers toute l'œuvre du grand tragédien revisitée sous un jour inattendu. Pour les amateurs de Racine et pour tous ceux qui ne le connaîtraient pas encore.

Revue de toutes les pièces de Racine en 70 minutes. Certaines pièces sont racontées en mode burlesque, d'autres sont l'occasion de découvrir de belles prestations en mode classique. Le spectacle est insolent, Racine est égratigné avec élégance. Pas sûr que cela donne envie de relire Racine mais c'est drôle et sérieux à la fois. Une belle réussite.

6, rue Pierre-au-Lard
75004 PARIS
M° Rambuteau / Hôtel de Ville
Tél: 01 42 78 46 42
Web: www.essaion-theatre.com

Jusqu'au 26/6: le Mercredi à 19h30. Places à 25€. Durée 1h10. 

samedi, octobre 27, 2018

Heineken en Afrique - une multinationale décomplexée

d'Olivier Van Beemen
Éditions Rue de l’échiquier - 20€ - 263 pages

Heineken, multinationale de la bière hollandaise, est depuis très longtemps présente en Afrique et c'est cette histoire que nous relate l'auteur. Une présence faite de profits, de corruption et de compromissions jusqu'à être complice du génocide rwandais, en passant par la prostitution des vendeuses africaine, l'exploitation des ouvriers et l'abrutissement des africains par l'alcool (pas forcément bon marché par ailleurs).

Ce livre est très instructif car au-delà du cas d'Heineken, on imagine que toutes les multinationales se comportent de la même façon en Afrique. Si faire des affaires est compliquée dans les pays africains, l'auteur se pose la question de savoir si la recherche du profit doit être le seul objectif de ces entreprises. Au final ces multinationales créent peu d'emplois pour les locaux et les seuls véritables bénéficiaires sont les élites corrompues qui s'invitent aux conseils d'administration locaux.

L'Afrique et ses dirigeants ne sortent pas grandis de cet ouvrage très instructif.


Caravage à Rome, amis et ennemis

Musée Jacquemart André

Du 21 septembre 2018 au 28 janvier 2019


À l’automne 2018, on peut découvrir au Musée Jacquemart André une exposition consacrée à Caravage (1571 – 1610), figure emblématique de la peinture italienne du XVIIe siècle. Pour cet événement unique,10 chefs-d’œuvre de Caravage, dont 7 jamais présentés en France, seront réunis pour la première fois dans une exposition et dialogueront avec des œuvres d'illustres contemporains comme le Cavalier d'Arpin, Orazio Gentileschi ou Giovanni Baglione.


Une exposition événement


Provenant des plus grands musées italiens, comme le Palazzo Barberini, la Galleria Borghese et les Musei Capitolini à Rome, la Pinacoteca di Brera de Milan, les Musei di Strada Nuova à Gênes ou le Museo Civico Ala Ponzone de Crémone, ces toiles extraordinaires permettront de retracer la carrière romaine de Caravage (1592 – 1606) jusqu’à l’exil. Elles dialogueront avec les œuvres d’illustres contemporains, comme le Cavalier d’Arpin, Annibal Carrache, Orazio Gentileschi, Giovanni Baglione ou Ribera, afin de dévoiler toute l’étendue du génie novateur de Caravage et de rendre compte de l’effervescence artistique qui régnait alors dans la Cité éternelle.

Un artiste hors-du-commun au cœur de la scène artistique romaine

Né en 1571, Michelangelo Merisi, dit Caravage, va révolutionner la peinture italienne du XVIIe siècle par le réalisme de ses toiles et par son usage novateur du clair-obscur, et devenir le plus grand peintre naturaliste de son temps.

L’exposition est consacrée à la carrière romaine de Caravage et au milieu artistique dans lequel il a évolué : comme les études les plus récentes l’ont montré, le peintre entretenait des relations étroites avec le cercle intellectuel romain de l’époque. L’exposition s’intéresse ainsi aux rapports de Caravage avec les collectionneurs et les artistes, mais aussi avec les poètes et les érudits de son temps, liens qui n’ont jamais fait l’objet d’une exposition.

Il s’agit tout d’abord d’évoquer la vie à Rome au début du XVIIe siècle, en montrant l’activité des ateliers des grands peintres, dans lesquels Caravage fait ses premières armes. C’est aussi à cette période qu’il fait des rencontres qui vont être déterminantes pour sa carrière, celles du marquis Giustiniani (1564 - 1637) et du cardinal Francesco Maria del Monte (1549 - 1627): ils deviennent deux des plus grands mécènes de Caravage et lui adressent de nombreuses et prestigieuses commandes. Évoquer ces collectionneurs et leurs palais, fréquentés par les amateurs et les artistes, permettra aussi de montrer l’influence de Caravage et de ses thèmes sur les peintres européens.

Après les amis et les soutiens de Caravage, l’exposition s’attache à présenter ses ennemis et rivaux présents sur la scène artistique romaine de ce temps. Caravage, qui ne voulait pas être imité et qui le fut pourtant malgré lui, s’est parfois opposé à ses contemporains, à l’occasion de discussions, de rixes, et même de procès.

L’exposition s’achève sur l’épisode de la rixe de 1606, au cours de laquelle Caravage tue Ranuccio Tomassoni, et sur les derniers jours de l’artiste à Rome. Condamné à mort à la suite de cette rixe fatale, Caravage est contraint à l’exil et meurt en 1610, sans avoir pu regagner Rome.

Très belle exposition mais comme les salles sont exiguës et afin d'éviter la cohue, il est fortement conseiller de la visiter dès l'ouverture du Musée à 9H45. On profitera de l'occasion pour visiter ce splendide hôtel particulier.

Julie Manet, la mémoire impressionniste

Musée Marmottan du 19 octobre 2021 au 20 mars 2022 Le musée Marmottan Monet organise la première exposition jamais consacrée à Julie Manet,...