D'Alain Viala et Daniel Mesguich Collection Que sais-je ? - 9€
Comment dire, comment penser le théâtre ? Sans doute y a-t-il dans cet
art universel une part d'insaisissable par les mots, d'irréductible à
l'écrit, celle de la scène, d'un temps partagé entre acteurs et
spectateurs. Mais relevons le défi. Et proposons deux regards plutôt
qu'un : un universitaire historien du théâtre, Alain Viala, et un homme
de théâtre, acteur et metteur en scène, Daniel Mesguich. Chacun à sa
manière, chacun depuis sa pratique, ouvre une fenêtre de la maison «
théâtre ».De ce faux dialogue, par le frottement de ces deux logiques -
l'un transmet et structure des connaissances sur l'art dramatique,
l'autre l'apostrophe, l'enrichit, le contredit, ouvrant ainsi de
nouvelles perspectives - naît un texte qui place le lecteur au plus près
de l'expérience théâtrale.
Ce livre n'est pas très facile à lire et sa construction pas claire ; de plus les commentaires de Daniel Mesguich en contre-point ne sont pas intéressants.
COMÉDIE RÉPERTOIRE CLASSIQUE de Georges Feydeau, mise en scène par
Émeline Bayart, avec Éric Prat, Émeline Bayart, Manuel Le Lièvre,
Valentine Alaqui, Thomas Ribière, Delphine Lacheteau et Manuel Peskine
au piano.
C’est la rencontre entre un couple qui vit une scène de ménage mémorable
et hilarante (Julie/ Follavoine) et Chouilloux, haut fonctionnaire de
l’Etat qui doit statuer sur le sort des pots de chambre pour l’armée
française. Follavoine détient le brevet de la porcelaine incassable et a
donc invité Chouilloux à déjeuner pour emporter le contrat. Chouilloux
est cocu, c’est de notoriété publique, et la pièce vire au cauchemar
burlesque lorsqu’il apprend son infortune conjugale puis que sa femme
apparaît avec son amant Horace Truchet. Pour couronner le tout, Toto, 7
ans, fils tyrannique des Follavoine, constipé pour l’heure et
contrariant beaucoup sa mère qui ne parvient pas à le purger achève de
faire courir tout ce beau petit monde vers la maison des fous.
Un classique de Feydeau indémodable. Les deux rôles principaux sont tenus avec brio par deux excellents comédiens. La mauvaise foi de Madame est au summum.
De Gérard Rolland Editions Christine Bonneton - 13€ - 224 pages Paru le 31 mai 2017
Aperçu
historique sur les différentes lignes, la vie des stations, les «
bouches de métro », le nom des stations. Dictionnaire des stations
(d'Abbesses à Wagram).
Avis mitigé ; ce n'est pas de loin le meilleur dictionnaire sur le sujet.
De V. Formery, T. Jonglez et AC Beauviala Editions Christine Bonneton - 16,50€ - 253 pages
Vous êtes sûr de connaître Paris sur le bout du pied ? Alors
plongez-vous dans le livre de Vincent Formery et Thomas Jonglez et votre
modestie en prendra un coup... pour votre plus grand plaisir ! Paris
comblera toutes vos envies : marcher dans une ruelle fleurie, boire de
l'eau puisée à 587 m, faire bénir votre animal favori, vendanger,
participer à l'élection des 12 meilleurs avocats de l'année, jouer à la
pelote basque, vous initier à l'astronomie, rencontrer des artistes dans
leur atelier... Paris vous invite dans un bar ou un restaurant insolite
: ici on dîne dans le noir, là on pédale pour actionner un manège du
XIXe siècle, là on achète des meubles en carton, là on découvre un
menhir breton le long d'une rue. Bref, Paris s'offre à vous dans toute
sa diversité et sa richesse. Bonne promenade !
Beaucoup de choses connues mais également quelques lieux peu connus qui méritent le détours et une visite.
COMÉDIE 3 farces d'Anton P. Tchekhov, mise en scène de Peter Stein, avec Jacques Weber, Manon Combes et Loïc Mobihan.
Après Molière et Le Tartuffe, Jacques Weber actuellement en tournée avec
Architecture et la bande de Pascal Rambert va retrouver le metteur en
scène Peter Stein pour trois pièces en un acte de Tchekhov: Le Chant du
cygne, Les méfaits du tabac et La demande en mariage. Jacques Weber
campera tour à tour un vieil acteur se réveillant après un temps
d’ivresse dans un Théâtre vide, un économe sous la domination tyrannique
de sa femme devant se livrer à une conférence et un père désireux de
marier sa fille à un prétendant qui ne va générer que de la haine et de
l’hystérie.
Une première farce plutôt nostalgique pour le métier de comédien puis crescendo de farces très drôles et plus particulièrement la dernière ; coup de chapeau à la jeune comédienne irrésistible dans cette farce de la demande en mariage à mourir de rire.
Du très bon théatre avec un Jacques Weber au meilleur de sa forme dans trois rôles totalement différents.
À la suite de « Dix mille ans de luxe », conçue en partenariat avec le Louvre Abu Dhabi en 2019, le Musée des Arts Décoratifs présente « Luxes ». L’exposition propose un voyage à travers le temps et la géographie, alliant des moments de contemplation et des scansions plus monumentales, offrant à chacune des 100 œuvres présentées l’espace le plus pertinent pour la délectation et la compréhension. Le parcours, chronologique et thématique, ouvre deux lieux emblématiques pourtant habituellement fermés à la visite : le salon 1900, mémoire vivante de l’Exposition universelle de Paris, une commande du musée pour célébrer l’Art nouveau et les arts décoratifs français, et le salon des Boiseries, dévoilant d’autres chefs-d’œuvre du décor européen, dont un incroyable lustre de Venini exposé à Paris en 1925, une salle généreuse où lire et rêver, en prenant le temps, face aux Tuileries et au rythme de la ville. Sensible et encyclopédique, sélective et historique, l’exposition offre ainsi, pour la première fois à Paris et au Musée des Arts Décoratifs, une certaine idée du luxe à l’usage du monde contemporain. La scénographie a été confiée à Nathalie Crinière et à son agence, avec la participation exceptionnelle de la Confédération européenne du Lin et du Chanvre.
Sans se limiter à l’idée d’un luxe à la française, l’exposition « Luxes »
s’emploie à donner à ce sujet si vaste, d’un point de vue
anthropologique et culturel, toute son ampleur universelle, portée par
un choix très serré d’œuvres ou d’ensembles d’œuvres, qui sont autant de
moments cruciaux, témoins d’une évolution de la notion de luxe, de son
emploi dans une civilisation donnée. Elle souligne des points moins
connus du grand public pour lequel la notion de luxe est de nos jours
très profondément définie par la présence massive des marques dans notre
quotidien, mots-sésames du fantasme de la consommation, logos
surreprésentés dans l’espace urbain, artères des métropoles ou aéroports
d’un monde globalisé, en somme une nouvelle lingua franca à l’échelle
de la planète. Si certaines maisons apparaissent dorénavant comme
consubstantielles à l’idée même du luxe, l’idée force de l’exposition
Luxes est de ne pas s’y réduire.
Coupe à emblema, Trésor de Boscoreale, Italie, 1er siècle avant J.-C. - 1er siècle après J.-C.
À travers siècles et civilisations, des objets insignes marquent une
sorte de généalogie du luxe, commençant par la Perle d’Abu Dhabi, la
plus ancienne au monde, fragile témoignage des premières
sédentarisation, puis par les plus beaux exemples de l’Antiquité,
cuiller à fard égyptienne ou pièces insignes du Trésor de Boscoreale.
Faite de choix drastiques et de partis pris, l’exposition dessine une
histoire du luxe qui pourrait être toute autre selon l’optique de
commissaires différents.
Elle souligne l’aspect matériel et objectif de cette incarnation du
luxe, cette patiente défense de savoir-faire transmis d’une génération à
l’autre. Elle rappelle combien l’histoire de l’art en général, et
l’histoire des arts décoratifs en particulier, est modelée par
l’archéologie du luxe, les objets précieux conservés avec soin et
transmis, qu’ils soient cachés dans la panique de l’éruption du Vésuve
(Boscoreale) ou pieusement légués par les trésors princiers (coffret de
Mangot). Notion mouvante et poreuse, le luxe s’incarne dans tant de
réalités différentes, quelquefois façonnées de paradoxes radicaux.
Au XVIIIe
siècle, l’effervescence décorative du luxe chinois offre un saisissant
contraste au sentiment de l’épure si cher au luxe japonais, ces
céramiques élémentaires, réparées avec délicatesse lorsqu’elles ont été
brisées, à l’instar de la pratique du Kintsugi. Aux temps médiévaux, le luxe, ce sont les épices, le sel, les produits les plus répandus à notre époque.
Cuillère coquillage, XVIe siècle, Allemagne
Manche en argent fondu, ciselé et gravé, cuilleron en coquillage. Paris,
Musée des Arts Décoratifs
À la Renaissance, une cuiller ouvragée épousant un coquillage de porcelaine est d’un luxe éblouissant et distinctif. Au XVIIe siècle l’Europe se ruine pour les tulipes…
Aux XVe et XVIe siècle, l’otium,
le loisir des Romains, est une autre forme de luxe, quand le peuple lui
n’a d’autre choix que de travailler : jeux de cartes d’un raffinement
extrême, backgammon marqueté, mais aussi instruments scientifiques et
manuscrits rares, tant le savoir est une forme de luxe en soi.
Charles Frederick Worth, Robe du soir en deux parties, Paris, vers 1885
Satin de soie à décor façonné, tulle
de soie, broderies de fils métalliques et paillettes or. Don Madame
Franklin Gordon Dexter, 1920. Paris, Musée des Arts Décoratifs
C’est plus tardivement, au XVIIe siècle avec les manufactures royales assises sur le pouvoir et le rayonnement louisquatorziens, puis au XVIIIe siècle avec l’avènement des marchands-merciers, « marchands de tout, faiseurs de rien »,
habiles à créer des objets dont les clients raffolent même s’ils n’en
ont guère besoin, que le luxe proche de son acception contemporaine
s’épanouit, renforcé au XIXe
siècle par les luttes artistiques qu’incarnent aussi les Expositions
universelles où créativité et progrès technologique deviennent
l’obsession des industries d’art en Europe, aux États- Unis mais aussi,
déjà, en Asie. Au même moment, en révolutionnant l’idée de ce qu’est la
mode, non plus une simple toquade de cliente, mais la signature, la
griffe, qui impose un geste créateur en tant que tel, Charles Frederick
Worth promeut la naissance de la haute couture.
Goyard, Malle pullman ayant appartenu au Duc de Windsor, années 1940
Goyardine, cuir et lozine, intérieur en tissus safran ; bijouterie en laiton massif, liteaux en hêtre ; cintres en hêtre, presse-pantalon, housse et sangle de coton Goyard ; chiffres et couleurs du Duc peints à la main. Collection Goyard Patrimoine
Depuis lors, la fondation de nombreuses maisons de luxe et leur épanouissement tout au long du XXe
siècle ont puissamment contribué à définir la place du luxe dans nos
sociétés contemporaines, et à trop souvent l’y enfermer dans une vision
consumériste et matérialiste. Toutefois, le siècle qui vient de
s’écouler a prouvé combien le luxe a vu se renouveler encore ses
visages : sophistication virtuose et préciosité maximale de l’Art déco,
minimalisme de la petite robe noire de Coco Chanel et des marqueteries
de paille de Jean-Michel Frank, le héraut de « l’étrange luxe du rien », la lenteur des paquebots palais des océans et l’art de voyager, etc.
En 2020, exposer le luxe, c’est nécessairement y montrer les échos et
les battements du monde, nouvelle prise de conscience du vivant, du
respect nécessaire pour le monde animal notamment, alors que pendant des
millénaires certains matériaux, fourrures ou ivoires, étaient gages de
prestige, de valeur et de luxe, renouvellement des inspirations et
problématique de l’appropriation culturelle, notion de collaborations
entre créateurs, valorisation des métiers d’art, résurgence des formes,
renaissance de traditions du luxe malmenées par l’histoire de certaines
nations, la Chine par exemple…
Karl Lagerfeld pour Chanel, Collection Métiers d’art, New-York Look 84, 2018
Robe longue en marqueterie de plumes
composée de plumes d’oie et de coq recouvertes d’une couche d’or.
Travail de la Maison Lemarié. Paris, Collection Patrimoine de Chanel
En 2020, exposer le luxe, c’est aussi parcourir d’autres réalités du
temps présent, non plus la possession matérielle à tout prix, mais le
sentiment de la transmission d’un objet chéri et réparé, jamais jeté,
non plus la course à la production, mais plutôt l’expérience, la liberté
de mouvement, l’espace et le temps, et l’aspiration à se forger un luxe
à soi, comme Virginia Woolf parle d’une « chambre à soi. »
Si, au fil des millénaires, les sens et la matérialité du luxe, ses
usages et ses expressions n’ont cessé d’évoluer et de se transformer,
force est de constater que le mot même de luxe fait dorénavant partie de
l’environnement quotidien de nos sociétés contemporaines, pour le
meilleur et pour le pire, qu’on le vénère et qu’on y aspire, qu’on le
rejette ou qu’on le critique. En le remettant dans une perspective
historique, culturelle et artistique, l’exposition « Luxes »
se propose de donner des clés antiques comme actuelles, afin de
comprendre ce qui fait du luxe l’incarnation la plus singulière et la
plus symbolique de grands faits de civilisation à travers les
millénaires et les continents.
À une époque où les maisons de luxe semblent tant avoir à dire sur
l’art, la culture et les musées, sans doute les musées ont-ils des
choses à dire sur le luxe et sa place dans l’art.
Une visite au musée des arts décoratifs est toujours un éblouissement.
COMÉDIE de Romaric Poirier, mise en scène par Arnaud Caron, avec Cyril
Benoit, Cécile Coves, Matthieu Gautier et Floriane Jourdain.
Les rencontres imprévues, ça peut être sympa... ou pas. Un homme
d’Église, accro aux réseaux sociaux, une institutrice coincée, un acteur
porno qui ne s'assume pas, et une femme au foyer en pleine crise de
couple, se trouvent contraints de cohabiter le temps d’une nuit.
Incompatibilités d'humeur, quiproquos, curiosité et vilains petits
secrets seront les ingrédients d'une soirée riche en situations
cocasses, où ils se révéleront chacun sous leur plus mauvais jour...
pour le plus grand plaisir du spectateur.
Petite pièce sympa et bien jouée ; cela ne casse pas trois pattes à un canard mais les comédiens sont plutôt bons.